Un site de la Ville de Montréal

Lieu d'allocution : 
Place Vauquelin

Nouveau Drapeau de Montréal

Nouveau Drapeau de Montréal
Ville de Montréal
10e anniversaire de l'adoption de la Déclaration des Nations Unies sur le droit des peuples autochtones.

Monsieur le secrétaire général de la Commission canadienne de l’UNESCO,

(Sébastien Goupil) ;

 

Monsieur le chef de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador;

(Ghislain Picard)

 

Monsieur le président du comité exécutif de la Ville de Montréal,

(Pierre Desrochers)

 

Chers collègues du comité exécutif,

 

Chers élus du conseil municipal,

 

Monsieur le directeur-général de la Ville de Montréal,

(Alain Marcoux)

 

Mesdames, messieurs,

 

Permettez-moi d’abord de reconnaître que nous sommes en territoire traditionnel autochtone non cédé.
Kwe = [Kuei]       (Bonjour en innu , abénaquis, algonquin,atikamekw)
Wachiyeh =  [Ûatchiya]       (Bonjour en cri et naskapi)
She:kon = [Ségow]               (Bonjour en mohawk)
Ai = [Aï]                                  (Bonjour en inuktitut)
Metaloltiog = [Metaloltiuk]    (Bonjour en micmac)

 

La contribution des différents Peuples autochtones

à l’histoire, au développement, à l’économie et à la culture

de Montréal est indéniable.

C’est pourquoi la Ville de Montréal a voulu faire des célébrations entourant le 375e anniversaire de sa fondation,

une occasion unique de témoigner son plus profond respect

et sa reconnaissance envers les nombreux peuples qui habitent sur ce territoire depuis des temps ancestraux.

 

Célébrer cet héritage, reconnaître l’histoire et promouvoir

les valeurs des peuples millénaires présents sur le territoire montréalais ouvre donc, en cette année charnière,

un nouveau chapitre dans les relations de la Ville avec

les Peuples autochtones.

 

Leur intégration officielle au paysage historique de Montréal

fait écho à un processus de rapprochement et de réconciliation nécessaire et durable.

 

Le 21 juin 2016, lors de la Journée nationale des peuples autochtones, Montréal s’est publiquement engagée dans un processus de réconciliation pour donner suite aux appels à l’action de la Commission Vérité et Réconciliation.

 

Dans cet esprit, nous travaillons actuellement, – de concert avec nos partenaires autochtones, – à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une véritable stratégie de réconciliation avec les Peuples autochtones dont je vous parlerai plus tard aujourd’hui.

 

Désireuse de mieux refléter ses origines, d’établir une relation

de « nation à nation » avec les Peuples autochtones et de reconnaître leur valeur et leur contribution historique fondamentale, Montréal ajoute ainsi un nouveau symbole à ses armoiries et à son drapeau :

Au centre, flottera dorénavant un Pin blanc, entouré du lys, de la rose, du chardon et du trèfle.

Le Pin blanc est l’arbre de la Paix, celui de l’harmonie et de la concorde et il y incarnera désormais les Peuples autochtones.

 

Ce symbole se situe au milieu d’un cercle, symbole de consensus…

 

Par cette intégration riche de sens, la Ville de Montréal souhaite lancer un message fort de réconciliation,

un signal pour marquer dans le temps son engagement envers son histoire et envers les Peuples autochtones.

 

Ainsi, à partir d’aujourd’hui, les nouveaux emblèmes de la Ville de Montréal reflèteront les cinq origines de la fondation et du développement historique de la métropole : les nations autochtones, française, anglaise, écossaise et irlandaise.

 

The city asked the Assembly of First Nations of Quebec and Labrador to establish an advisory committee of the different nations to determine which iconic symbol would best represent the Native Peoples who have lived and are living in what is now Montréal.

 

This committee consisted of a Kahnawake chief (Christine Zachary-Deom) representing the three Mohawk communities, a representative of Montréal’s Urban Aboriginal Community (André Dudemaine), an Anishnabe elder (Véronique Thusky) and the director of the

Centre d’histoire de Montréal (Jean-François Leclerc).

The Chief Herald of Canada, from the Canadian Heraldic Authority (Claire Boudreau), also assisted the committee in its deliberations and in ensuring compliance with heraldry standards.

 

The selected icon—a white pine—is of great historic, political and symbolic significance. Prominent in Iroquois traditions, this pine is also at the centre of numerous tales by many First Nations peoples in eastern North America.  It is a symbol of peace and harmony.

 

 

Le pin blanc a un lien fort et direct avec l’histoire de Montréal.

Il apparaît dans plusieurs discours diplomatiques, dont celui de Kondiaronk, chef wendat, lors de la Grande Paix de Montréal en 1701. Il est l’arbre sous lequel on enterre les haches de guerre dans la Grande loi de la paix de la Confédération iroquoise.

Un pin blanc a d’ailleurs été planté lors du tricentenaire de la Grande Paix de Montréal en 2001. On le retrouve sur le Mont-Royal.

 

Et cet arbre majestueux, qui flottera au centre de notre drapeau,

seul symbole végétal indigène entouré de fleurs européennes, nous rappelle que c’est sur l’île de Montréal, au Québec et au Canada que nous écrivons notre histoire.

 

Les toutes premières armoiries de la Ville de Montréal ont été adoptées en 1833, par les conseillers municipaux de l’époque.

En 1938, elles ont subi quelques modifications pour les rendre conformes aux règles héraldiques.

Autant en 1833 qu’en 1938, les emblèmes de Montréal invitaient déjà les différentes communautés présentes sur son territoire à la concorde et au vivre ensemble sous une même bannière.

Le pin blanc porte aujourd’hui le même message de paix,

inscrit dans la symbolique de l’Arbre de la Paix. 

 

Les racines du pin, de notre arbre, sont d’ailleurs bien visibles

car elles ont une fonction précise : guider les peuples vers la Paix

et les inviter à les suivre jusqu’à l’arbre.

 

Today’s invitation is extended to everyone—Montréal residents and those just passing through.

It is an invitation to follow the pines’ roots back to our hearts—hearts of peace, of harmony and of Living Together.

These core values are the source of great pride for Montréal.

And the white pine perfectly embodies them.  

 

Je suis persuadé que les Montréalais seront, tout comme moi,

très fiers d’appartenir à une métropole qui incarne au sein même de ses armoiries et de son drapeau, la paix et la diplomatie;

qui plus est un symbole indigène de l’Est du Canada,

qui ajoute aux autres symboles floraux d’origines européennes,

sa spécificité laurentienne.

Plus que jamais, Montréal a donc de quoi être fière,

fière de ses racines autochtones,

fière de son histoire autochtone,

fière de reconnaître enfin

toute l'histoire de ce territoire, notre histoire. 

 

C’est donc avec une très grande fierté que je vous présente aujourd’hui le nouveau drapeau de la Ville de Montréal.

 

Merci.

Niá : wen = [Ni-a Won]         (Merci en Mohawk)

Meegwetch = [Mi – gwetch]          (Merci en Cri)